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il y a 3 heures
Les Fourgs 25300 A la ferme, 22 avril 2026
La pénombre de la chambre était à peine percée par la lueur tamisée d'une veilleuse. D’ordinaire, cet espace se résumait pour moi au confort spartiate du tapis de fourrure étalé au pied du grand lit à baldaquin. C’était ma place, mon ancrage, l’endroit où j’attendais patiemment le réveil de ma maîtresse quand Elle me faisait l’honneur de dormir chez moi à la ferme.
Mais ce soir, le rituel avait changé.
"Monte, Céline." La voix de Johanna était calme, teintée d'une autorité douce mais sans réplique. Un frisson me parcourut l’échine. C’était un privilège rare, une exception qui tenait presque de la grâce royale dans notre quotidien si codifié.
Je m’exécutai aussitôt. Chaque mouvement demandait une grâce calculée, dictée par le poids et la contrainte de mes parures de métal. À mes chevilles, les lourds anneaux d'acier poli cliquetèrent discrètement. La fine chaîne de vingt centimètres qui les reliait m’obligeait à une démarche serrée, presque aérienne, m’empêchant de faire de grands pas. Je me glissai sur le matelas avec une lenteur respectueuse. En redressant le buste, le métal froid de mon collier me rappela sa présence contre ma gorge. De ce collier descendaient deux chaînes courtes, fixées à mes bracelets de poignets. Cette attache maintenait mes mains captives à hauteur de ma poitrine, une posture d’abandon et de vulnérabilité totale face à ma maîtresse.
Johanna m’observa m’installer. Le contraste entre la rigueur du métal argenté et la souplesse de mon corps était un spectacle dont elle ne se lassait pas. Les légers tintements des maillons rompaient seuls le silence de la nuit.
"Viens plus près," ordonna Johanna en soulevant un pan de la couette en soie. Je me coulai contre elle, trouvant ma place dans l’étreinte de ma maîtresse. Mes mains entravées vinrent se poser délicatement contre son torse. La chaleur de sa peau contrastait délicieusement avec la froideur de mes bracelets. Johanna passa une main lente dans mes cheveux, faisant descendre ses doigts jusqu’à mon collier de métal, dont elle caressa le contour du bout de l’index.
"Tu as été parfaite aujourd’hui," murmura Johanna près de mon oreille. "Repose-toi, ma belle. Tu es en sécurité ici."
Je fermai les yeux, un sourire discret aux lèvres. Menottée, enchaînée, mais blottie au cœur de ma plus belle récompense, je m’endormis au rythme apaisant des battements de cœur de ma Maîtresse.
Le soleil de l’aube filtrait à peine à travers les rideaux de soie lorsque Johanna s’éveilla. À ses côtés, je ne m’étais pas encore risquée à bouger, respectant son sommeil malgré l’inconfort relatif de ma posture. Johanna se redressa, me contempla un instant, puis attrapa la petite clé posée sur la table de chevet. Dans un cliquetis familier, elle détacha les chaînes qui reliaient mes bracelets de poignets à mon collier de métal. Je laissai échapper un soupir de soulagement discret en sentant la tension s’alléger autour de mon cou, même si ma liberté restait toute relative : Johanna prit soin de relier mes deux bracelets de poignets ensemble. Mes mains étaient désormais solidaires, restreignant l’écartement de mes bras.
"Il est l’heure, Céline. Descends me préparer le petit-déjeuner."
"Tout de suite, Maîtresse," murmurai-je d’une voix encore ensommeillée.
Je glissai hors du lit géant. Dès que mes pieds touchèrent le sol, le poids des bracelets de chevilles et le tintement de la chaîne de vingt centimètres me rappelèrent à ma réalité. Ce matin, la tâche s’annonçait technique. L’épreuve commença dès l’escalier. Descendre les marches du premier étage vers le rez-de-chaussée exigeait une concentration absolue. Avec seulement vingt centimètres de battement entre les chevilles, impossible de descendre normalement. Je fis légèrement le corps de biais, posant un pied après l'autre sur chaque marche, les mains jointes devant moi pour garder l'équilibre. Le métal chantait à chaque pas contre le bois verni.
Arrivée en cuisine, je m'activai. Mes poignets solidaires rendaient chaque geste plus lent, plus mesuré. Pour presser les oranges, je dus maintenir le fruit des deux mains, trouvant un nouveau rythme dans cette contrainte. Je disposai ensuite délicatement les croissants frais, le café brûlant et le jus de fruit sur un grand plateau d'argent.
Le plus difficile restait à faire : remonter. Portant le plateau à bout de bras, les mains serrées l'une contre l'autre, j'entamai la remontée de l'escalier. Chaque pas devait être d'une précision millimétrique. Je levais le pied droit, la chaîne se tendait, je hissais le pied gauche sur la même marche, tout en stabilisant le plateau pour ne pas renverser une seule goutte de café. Le bruit régulier du métal rythmait ma progression lente et solennelle.
Lorsqu'elle poussa enfin la porte de la chambre du genou, Johanna était assise dans son lit, adossée à ses oreillers, un sourire satisfait aux lèvres. Elle avait suivi chaque étape de ma remontée au son des chaînes. Je m'approchai du lit à petits pas feutrés, m'agenouillai sur le tapis qui était habituellement ma couche, et déposai le plateau sur les genoux de ma maîtresse sans un tremblement.
— Parfait, dit Johanna en observant le contenu intact. Tu as été d'une patience exemplaire.
Johanna prit une gorgée de café, son regard plongeant dans le mien, moi qui attendais ses ordres, immobile et soumise, au pied du lit. Johanna savoura les dernières miettes de son croissant et reposa sa tasse vide sur le plateau d'argent. Un silence pesant et lourd de promesses s'installa dans la chambre. Les yeux de la maîtresse se posèrent sur moi, toujours agenouillée au sol, les mains jointes et le regard docile.
— Prends le plateau, Céline, et pose-le sur la commode. Puis reviens ici.
Je m'exécutai, mes pas entravés par la chaîne de vingt centimètres produisant un cliquetis régulier sur le parquet. Une fois débarrassée du plateau, je revins vers le lit. Johanna se recula contre les oreillers et écarta lentement les draps, dévoilant sa nudité.
C'est l'heure de ton dernier privilège avant le travail, murmura Johanna d'un ton sans réplique. Prends soin de moi.
Je montai sur le matelas avec la lenteur requise par mes chaînes. Mes mains solidaires vinrent se poser de chaque côté des cuisses de ma maîtresse pour stabiliser mon corps. Je me penchai, mon collier de métal frôlant la peau de Johanna, et commençai à lui offrir un cunnilingus appliqué. Sous mes caresses expertes, Johanna laissa échapper de légers soupirs, ancrant ses doigts dans mes cheveux pour guider mon rythme. Le contraste était total entre la rigidité du métal qui m'entravait et la liberté absolue de la maîtresse qui se laissait aller au plaisir. Johanna s'arqua légèrement, trouvant son extase dans mon dévouement absolu, avant de relâcher sa pression, le souffle court.
Après quelques minutes de calme, le visage de Johanna retrouva sa rigueur habituelle. L'heure des douceurs matinales était passée.
Bien. Maintenant, la ferme t'attend, Patrick a besoin d'aide avec les bêtes et le foin. C'est une grosse journée.
Johanna attrapa de nouveau la petite clé. Dans un enchaînement de clics nets, elle ouvrit les verrous de mes poignets, puis ceux de mes chevilles. Pour la première fois depuis la veille, je retrouvai une totale liberté de mouvement. Le poids du métal laissa place à une sensation de légèreté presque déroutante. Je frictionnai mes poignets et mes chevilles marqués par les anneaux.
Va t'habiller. Travaille dur, et ne ménage pas tes efforts, conclut Johanna.
Oui, Maîtresse. Merci, Maîtresse.
J’enfilai rapidement une tenue robuste : un jean épais, des bottes de cuir et une chemise simple. Je descendis les escaliers à toute vitesse, un contraste saisissant avec ma descente laborieuse de tout à l’heure.
Dehors, l’air de la cour de la ferme était frais, mais le soleil promettait une journée lourde. Les tâches qui m’attendaient ne souffraient aucune faiblesse. Je commençai par nettoyer les enclos, maniant la pelle et la brouette avec une énergie renouvelée par ma liberté retrouvée. Mes bras, libérés de leurs liens, soulevaient les charges lourdes sans faiblir. Je passai ensuite de longues heures dans la grange à déplacer des ballots de paille pour préparer l’hiver. La sueur collait mes cheveux à mon front, mes muscles brûlaient sous l’effort physique, mais chaque mouvement ample et rapide était une célébration de mon corps libre. Je savais que chaque goutte de sueur versée à la ferme ce jour-là n’était que le prix à payer pour mériter, le soir venu, de retrouver ma place et mes chaînes auprès de Johanna.
Le soleil déclinait enfin derrière les collines de la ferme, étirant de longues ombres sur la cour. Je poussai un soupir de soulagement en rangeant les derniers outils dans la grange. Mes muscles étaient engourdis par l’effort, mes mains marquées par la rugosité des ballots de paille et du bois des manches, mais une douce excitation flottait déjà dans l’air. L’heure de la transition approchait.
Je rentrai dans la maison, le silence des lieux m’indiquant que Johanna n’était pas encore revenue de sa journée en ville. Là-bas, ma maîtresse exerçait son métier de domina professionnelle, régnant sur des clients de passage. Mais ici, à la ferme, le lien qui nous unissait était d’une tout autre nature : intime, exclusif et absolu.
Je montai directement à la salle de bain. Sous le jet d’eau chaude, je savourai le plaisir de laver la poussière, la sueur et la fatigue de la journée. Le savon glissa sur ma peau propre, effaçant les traces du travail de la terre pour redonner à mon corps toute la douceur que ma maîtresse appréciait tant. Une fois séchée, je n’enfilai aucun vêtement. Je me tins face au miroir, observant ma propre nudité, symbole de ma vulnérabilité et de mon abandon total.
Je pris ensuite sur l’étagère le lourd collier de métal, pièce maîtresse de ma soumission. Je le positionnai autour de mon cou et refermai le fermoir dans un déclic métallique net qui résonna dans la pièce. Le froid de l’acier contre ma peau tiède provoqua un frisson immédiat. J’étais prête.
Je me dirigeai vers la chambre de Johanna. Le sol en parquet était frais sous mes pieds nus. Au centre de la pièce, face à la porte, je pris ma posture d’attente. Je m’agenouillai, les genoux serrés, les fesses posées sur mes talons. Mon dos était droit, ma poitrine légèrement bombée, et mes mains étaient sagement posées à plat sur le haut de mes cuisses. Ma tête restait doucement inclinée vers le sol, dans une attitude de respect et de disponibilité absolue. Complètement nue, parée de mon seul collier, j’offrais mon corps et ma volonté à celle qui allait franchir la porte.
Le temps s’étira. Chaque minute testait ma discipline, mais je restais immobile, concentrée sur ma respiration. Soudain, le bruit lointain d’une voiture résonna dans l’allée, suivi quelques instants plus tard par le claquement de la porte d’entrée au rez-de-chaussée. Les bruits de pas de Johanna, le claquement distinct de ses talons sur les marches de l’escalier, se rapprochaient. Mon cœur accéléra la cadence. La maîtresse était de retour, et la nuit pouvait enfin commencer.
La porte de la chambre s’ouvrit d’un coup sec. Johanna entra, mais l’atmosphère devint instantanément lourde. Le claquement de ses talons sur le parquet était sec, nerveux. Sans un regard immédiat pour moi, elle jeta son sac sur le fauteuil et dégrafa sa veste d’un geste brusque. Ses sourcils froncés et la tension de ses épaules ne laissaient aucun doute : sa journée en ville avec ses clients avait été détestable, et sa colère était palpable.
Moi, toujours immobile à genoux, je ressentis immédiatement cette électricité dans l’air. Je connaissais chaque nuance des humeurs de ma maîtresse. Loin de m’effrayer, j’y vis le moyen d’accomplir mon rôle le plus profond : être le refuge et l’exutoire de Johanna. Relevant doucement les yeux, je brisai le silence d’une voix douce et soumise :
Maîtresse... Je vois que vous êtes contrariée. Laissez-moi porter votre colère. Offrez-vous une séance de fouet pour vous soulager.
Elle s'arrêta net. Son regard sombre se posa sur moi, sa favorite, nue et offerte au milieu de la pièce. Mon invitation touchait exactement ce dont elle avait besoin. Un mince sourire cruel et soulagé dessina ses lèvres.
Très bien, fit Johanna d'une voix glaciale. Puisque tu le demandes. Elle se dirigea vers le coffre en cuir au coin de la pièce et en sortit un martinet de cuir lourd.
Je changeais de posture, me mettant à quatre pattes, le dos bien droit, ancrant mes mains et mes genoux dans le sol, prête à recevoir la fureur de ma maîtresse. Le premier coup claqua, cinglant et précis sur mes fesses. Je tressaillit, mais tint bon. Un deuxième suivit, puis un troisième, plus appuyé. Johanna y mettait toute sa frustration de la journée, relâchant sa tension à chaque impact. Ma peau de soumise commença à rougir, mais l'adrénaline et le désir de soulager Maitresse Johanna prenaient le dessus sur la douleur. Loin de gémir, le souffle court, j’osais prendre la parole pour pousser ma maîtresse à bout :
Encore Maîtresse... plus fort ! Donnez-moi toute votre colère !
Maitresse Johanna intensifia ses frappes, le rythme s'accélérant. Les lanières de cuir s'abattaient régulièrement, traçant des marques ardentes sur ma peau de soumise. Je serrait les dents, m'accrochant au sol, répétant mes encouragements entre deux respirations saccadées :
Plus fort, Maîtresse... Je suis là pour ça…
Au vingtième coup, le bruit sourd du cuir cessa brusquement. Johanna respirait un peu plus fort, les joues légèrement rosies par l'effort. Elle me regarda, mon corps portait les stigmates de sa colère, puis baissa les yeux sur le fouet. La tension qui lui serrait la poitrine depuis l'après-midi s'était enfin dissipée. Elle se sentait vidée de sa négativité, apaisée. Elle posa le fouet sur la commode et passa une main plus douce sur le front de Céline, essuyant une perle de sueur.
Ça va mieux, merci ma belle,
Sa voix ayant retrouvé son calme et sa chaleur habituels.
Elle s'éloigna de quelques pas et s'assit sur le bord du lit, détendue.
Va te laver rapidement, puis descends me servir le repas du soir. J'ai faim.
Tout de suite, Maîtresse,
Un sourire de gratitude aux lèvres malgré la brûlure de sa peau, heureuse d'avoir rendu la sérénité à celle que j’aimais et que je servait.
La fraîcheur de l'eau sur ma peau encore sensible me fit pousser un soupir, la douleur n'était plus qu'un écho lointain, étouffé par le sentiment du devoir accompli.
Le dîner s'était déroulé dans le calme retrouvé de la maison. Johanna, apaisée par la dévotion de sa favorite, s'était montrée douce le reste de la soirée, m’accordant le droit de dormir blottie contre elle, cette fois sans aucune entrave pour laisser reposer mon corps fatigué.
Le lendemain matin, le réveil fut hâtif. Maîtresse Johanna devait repartir tôt pour la ville, et j’avais une autre lourde journée de labeur qui l'attendait à la ferme avec Phil.
Le grand air, le transport des ballots de paille et les soins aux animaux occupèrent mes bras et mes jambes jusqu'au milieu de l'après-midi.
À la fin de ma journée de travail, le corps courbaturé mais l'esprit libre, jesavait exactement ce qui m'attendait pour la soirée.
Johanna lui avait laissé des consignes strictes avant son départ.
Après une douche rapide pour ôter la poussière de la grange, je m'enfermais dans la chambre du haut.
Johanna ne rentrerait pas avant la fin de la soirée. Pour tromper l'attente et offrir à sa maîtresse une soumise parfaitement conditionnée à son retour, j’entamais une séance de self-bondage.
Entièrement nue, je commençais par installer les dispositifs les plus intimes. j’insérais d'abord un puissant vibromasseur vaginal, réglé sur une pulsation lente mais profonde. Puis, je mit en place le shocker électrique anal, un appareil sophistiqué doté d'un capteur sensoriel sensible aux fréquences sonores. Vint ensuite le moment de m'entraver.
Assise au centre du lit je passais des bracelets de cuir et de métal à mes chevilles, verrouillant la courte chaîne de vingt centimètres grâce à un cadenas à combinaison dont je brouillais immédiatement les chiffres. Pour mes mains, j’utilisais un système de sangles auto-bloquantes reliées à mon lourd collier de métal.
En tirant sur la sangle principale avec les dents, je forçai mes poignets à venir se plaquer contre ma poitrine, me privant de toute liberté de mouvement. Je me laissai glisser sur le dos, prisonnière de moi-même, incapable de bouger ou de me libérer seule.
Le silence de la chambre devint alors mon plus grand défi. Le vibromasseur envoyait des ondes régulières qui saturaient mes sens, mais le véritable danger résidait dans le plug anal. Au moindre bruit fort — le grincement du parquet, ma propre respiration si elle devenait trop forte, ou le cri d’un oiseau à l’extérieur —, le capteur du shocker s’activait, envoyant une décharge électrique brève mais intense qui me faisait me cambrer sur le matelas.
Pour éviter les décharges, je dus apprendre à discipliner mon corps à l’extrême. Je contrôlais chaque inspiration, ralentissais mon rythme cardiaque et restais parfaitement immobile, les poignets scellés au cou, les jambes scindées par le métal. Le contraste entre le tourment électrique latent et la vibration continue me plongeait dans un état de transe hypnotique. Les heures s’écoulèrent ainsi, suspendues au rythme de ma rigueur. Allongée au milieu du grand lit, le corps frémissant à la moindre tension, j’attendais, captive volontaire, le claquement des talons de Johanna qui viendrait enfin me délivrer... ou prolonger mon supplice.
Allongée au centre du grand lit, j’étais prisonnière du silence que je m’imposais. Les vibrations continues dans ma chair maintenaient mes sens à vif, tandis que le shocker anal, tel un juge invisible, menaçait de me punir à la moindre erreur. L’attente devint une torture exquise.
Le premier orgasme monta lentement, nourri par l’immobilité forcée et le vrombissement régulier du vibromasseur. Je sentis la vague arriver, mais je dus lutter farouchement contre mes propres réflexes. Quand le plaisir explosa en moi, je serrai les dents à m’en briser la mâchoire, étouffant mon cri dans un gémissement sourd, à peine perceptible. Mon corps se tendit, mes chevilles enchaînées vibrèrent discrètement, mais je réussis à garder le contrôle. Le capteur ne détecta rien. Je venais de traverser la première tempête.
Le soulagement fut de courte durée. Les pulsations du dispositif vaginal ne s’arrêtaient pas, et la sensibilité de ma peau, exacerbée par les coups de fouet de la veille, rendit la descente impossible. À peine quelques minutes plus tard, une deuxième vague, plus électrique, submergea mes défenses. Cette fois, l’intensité me prit par surprise. Mes poignets, solidaires de mon collier, se crispèrent contre ma poitrine. Je laissai échapper un soupir un peu trop appuyé, un "Ah..." haletant qui franchit mes lèvres. Ce fut assez pour le capteur. Le shocker s’activa instantanément, envoyant une décharge brève et cuisante. L’impact électrique foudroya mon plaisir, transformant l’orgasme en une secousse violente qui me fit me cambrer sur le matelas. Le contraste entre la douceur de la vibration et la morsure du courant me laissa pantelante, le cœur battant à tout rompre.
C’est dans cet état de vulnérabilité totale, alors que je luttais pour retrouver une respiration silencieuse, que le troisième orgasme se profila. Il fut purement psychologique, né de la peur de la douleur et de l’excitation de ma propre impuissance. Ce fut un spasme nerveux, long et diffus, que je gérai en apnée complète, les yeux rivés sur le plafond, les larmes aux yeux, verrouillée dans ma propre prison de chair et de métal.
Mais le piège s’effondra au quatrième assaut. L’accumulation de l’effort physique de la journée à la ferme, la fatigue, la surcharge sensorielle et la tension accumulée depuis des heures brisèrent ma discipline. La quatrième vague déferla comme un tsunami. Je perdis pied. J’oubliai les règles, j’oubliai le silence, j’oubliai le danger. L’orgasme fut d’une violence inouïe. Je cambrai les reins, mes jambes s’écartèrent jusqu’au bout de ma chaîne de vingt centimètres, et un cri, un hurlement de plaisir pur et libérateur, déchira le mutisme de la chambre.
— Ah ! Maîtresse !
Ce cri particulièrement bruyant déclencha immédiatement une riposte massive du shocker. La décharge électrique frappa une, puis deux fois, réagissant à l’écho de ma propre voix. Le plaisir et la douleur fusionnèrent dans une explosion sensorielle si intense que je vis des étoiles derrière mes paupières closes. Mon corps retomba lourdement sur le lit, secoué de tressaillements involontaires, complètement vidée. C’est à ce moment précis que le cliquetis familier des clés résonna au rez-de-chaussée, suivi par le bruit des talons de Johanna dans l’escalier. Elle arrivait, et le parfum du scandale flottait encore dans l’air.
La porte de la chambre s’ouvrit sur une Johanna impériale, fraîchement rentrée de sa journée citadine. Ses yeux noirs balayèrent immédiatement la scène, capturant chaque détail : ma posture brisée, les traces écarlates des coups de la veille encore visibles sur ma peau, et surtout, les résidus de mon orgasme bruyant qui flottaient encore dans l’atmosphère. Johanna s’approcha lentement du lit, le claquement de ses talons agissant comme une sentence. Elle posa ses mains sur ses hanches, un sourire en coin sadique et satisfait dessinant ses lèvres.
— J’ai entendu un cri d’ici, Céline. On oublie les règles de silence dès que j’ai le dos tourné ?
Moi, le souffle encore court, les poignets scellés à mon collier, je ne pouvais que lever des yeux suppliants et brillants de désir vers ma maîtresse. Je ne pouvais pas nier. Mes cuisses tremblaient encore.
— Tu as besoin d’être rappelée à l’ordre, ma belle, murmura Johanna d’une voix douce mais glaciale.
Johanna ne retira rien des pièges que je m’étais moi-même imposés. Au contraire. Elle ouvrit sa mallette professionnelle et en sortit deux pinces à seins en métal lourd, reliées par une fine chaîne d’acier. Avec une lenteur calculée, elle les fixa sur mes tétons déjà durcis. Je laissai échapper un sifflement de douleur entre mes dents alors que les mors de fer se refermaient cruellement sur ma chair sensible. Puis, Johanna se pencha sur le boîtier de commande du shocker anal. Ses doigts effleurèrent les boutons avec une expertise terrifiante.
— Le capteur sonore était un peu trop indulgent, tu ne trouves pas ? Augmentons la mise.
Dans un double clic sinistre, Johanna monta le niveau d’intensité de plusieurs crans, basculant l’appareil sur un mode à la fois plus puissant et sensible au moindre murmure. Désormais, le simple frottement des pinces à seins ou un soupir un peu trop lourd déclencherait une tempête de foudre dans mon corps.
— Maintenant, tu vas rester exactement ainsi, ordonna Johanna. Je vais chercher mon dîner, et je compte bien savourer mon repas en observant tes efforts pour rester tranquille.
Quelques minutes plus tard, Johanna remonta dans la chambre, portant un plateau fumant. Elle s’installa confortablement dans le fauteuil disposé juste en face du lit, croisant ses jambes gainées de bas noirs. Elle commença à dîner avec une élégance décontractée, plantant sa fourchette tout en me fixant, moi sa proie.
Pour moi, le véritable calvaire — et la plus haute forme d’extase — venait de commencer. Le vibromasseur, toujours actif, continuait de pilonner mes sens, poussant mon corps à bout. À chaque fois que le plaisir devenait trop fort, les pinces à seins me rappelaient ma condition par une morsure aiguë. Mais le pire restait le shocker. À présent réglé sur une puissance redoutable, le moindre petit gémissement étouffé provoquait une décharge qui me traversait la colonne vertébrale comme un coup de fouet électrique. À chaque secousse, mon corps se cambrait, mes chevilles enchaînées claquaient dans leurs vingt centimètres de liberté, ce qui faisait tirer la chaîne de mes seins, amplifiant la douleur.
Johanna mastiquait lentement, une lueur de pure jubilation dans le regard, coupant sa viande au rythme de mes tressaillements. Moi, les yeux rivés sur ma maîtresse, je luttais de toutes mes forces pour ne pas crier, déglutissant ma salive en silence, offrant le spectacle de ma torture volontaire comme le plus bel hommage pour le dîner de ma reine.
Pendant de longues minutes, la chambre ne fut plus rythmée que par le bruit des couverts de Johanna et mes tressaillements étouffés. Je puisais dans mes dernières forces, le regard ancré dans celui de ma maîtresse, cherchant dans cette domination absolue l’énergie de tenir. Mais le cumul de ma lourde journée à la ferme avec Phil, les orgasmes successifs et la violence des décharges électriques poussées à leur paroxysme eurent raison de ma résistance. Le shocker, désormais réglé sur un niveau redoutable, envoya une nouvelle secousse si profonde que je sentis mes muscles se tétaniser. Les pinces à seins m’arrachèrent une larme qui coula le long de ma tempe. C’était trop. La surcharge sensorielle basculait de l’extase à la panique. Rassemblant le peu de souffle qui me restait entre deux spasmes, je prononçai le mot salvateur, distinctement :
— Rouge.
L’effet fut instantané. Le professionnalisme et l’amour de Johanna prirent immédiatement le dessus sur le jeu cruel. Posant brutalement sa fourchette, Johanna se jeta littéralement sur le lit. En une fraction de seconde, ses doigts agiles atteignirent la télécommande : elle coupa net le plug anal et éteignit le vibromasseur vaginal. Le silence et la neutralité électrique revinrent d’un coup dans mon corps. Johanna approcha sa main pour défaire les pinces à seins et ouvrir les cadenas, le visage empreint d’une sollicitude protectrice.
— Respire, Céline. Tout va bien, je suis là, murmura-t-elle en caressant mon front trempé de sueur.
Moi, le corps encore secoué de légers frissons de soulagement, je la regardai avec des yeux brillants de gratitude. La tempête était passée, la sécurité du safe word avait fonctionné à la perfection, mais je ne voulais pas rompre totalement le charme de ma soumission.
— Non, Maîtresse... s’il vous plaît, la suppliai-je d’une voix faible et tremblante. Laissez-moi attachée... Laissez-moi comme ça jusqu’à ce que vous ayez fini votre repas. Je veux rester votre prisonnière pendant que vous mangez. Juste... sans l’électricité et les vibrations.
Johanna arrêta son geste, lisant la dévotion absolue dans mes yeux. Un doux sourire, cette fois empreint d’une immense tendresse, lissa ses traits.
— Très bien, ma belle. Si c’est ce que tu désires.
Johanna retira délicatement les pinces à seins pour soulager ma chair meurtrie, mais laissa le collier, les bracelets de chevilles enchaînés à vingt centimètres et mes poignets solidaires scellés sur ma poitrine. Elle retourna s’asseoir à son fauteuil et reprit ses couverts. Moi, désormais apaisée et hors de danger, je savourai les minutes qui suivirent. Immobile, confinée dans le métal mais l’esprit serein, j’offris mon corps captif au regard de ma maîtresse, goûtant au plaisir pur d’être un objet de contemplation jusqu’à la dernière bouchée du dîner de Johanna.
Johanna posa sa serviette sur le plateau, signifiant la fin de son dîner. Elle se tourna vers moi, toujours sagement entravée sur le lit, et sortit la petite clé de sa poche. Dans un cliquetis net, elle libéra temporairement mes poignets de mon collier et déverrouilla mes bracelets de chevilles.
— Tu as regagné l’usage de tes mouvements, Céline. Prends soin de moi maintenant.
Libérée du métal, je me mis aussitôt debout, malgré les légères courbatures de ma longue journée à la ferme. Je m’approchai de ma maîtresse pour entamer le rituel du coucher. Avec des gestes lents, empreints d’un profond respect, je commençai à déshabiller Johanna. Je retirai délicatement ses chaussures, fis glisser ses bas noirs, puis ouvris un à un les boutons de sa blouse avant de défaire sa jupe. En quelques instants, la maîtresse se retrouva entièrement nue, abandonnant sa stature de citadine pour se détendre pleinement.
Johanna s’allongea sur le ventre au milieu du grand lit, poussant un soupir de soulagement. Je montai à ses côtés, calai mes genoux de chaque côté de ses cuisses et commençai un massage de tout le corps. Mes mains, fermes et expertes, vinrent dénouer les tensions accumulées dans ses épaules, son dos et ses reins. Sous la pression de mes doigts, lElle se détendit complètement, sa respiration devenant plus lente, plus profonde.
Peu à peu, mes caresses se firent plus fluides, plus sensuelles. Je descendis le long de ses jambes, avant de l’inviter doucement à se retourner sur le dos. Le massage prit alors une tournure plus intime. Mes mains glissèrent sur la peau douce des cuisses de Johanna, s’approchant du centre de son plaisir. M’avançant entre ses jambes, je me penchai pour lui offrir un cunnilingus passionné et appliqué. Ma langue traça des cercles précis, trouvant immédiatement le bon rythme. Johanna laissa échapper de légers gémissements, ancrant ses doigts dans mes cheveux pour savourer pleinement l’extase qui montait, jusqu’à s’abandonner totalement dans un orgasme puissant et libérateur. Une fois la maîtresse pleinement comblée et apaisée, l’heure du repos final sonna. Johanna, le regard adouci, reprit les commandes pour le dernier rituel de la nuit. Elle ramena mes bras derrière mon dos et verrouilla mes bracelets de poignets ensemble, scellant mes mains derrière mes reins. Elle replaça ensuite les lourds anneaux à mes chevilles, les reliant par la fameuse chaîne de vingt centimètres, tandis que le collier de métal restait fièrement fixé à mon cou.
— À ton tapis, ma belle. Passe une bonne nuit.
— Merci, Maîtresse. Bonne nuit, Maîtresse, murmurai-je.
Privée de mes mains et limitée dans mes pas, je descendis du lit avec une prudence habituelle. Je me laissai glisser sur le lourd tapis de fourrure au pied du lit. M’allongeant sur le côté, les mains jointes dans le dos et les chevilles enchaînées, je trouvai ma position de confort. Au-dessus de moi, les lumières s’éteignirent, ne laissant que la veilleuse. Bercée par le souffle régulier de Johanna, je m’endormis, parfaitement soumise et sereine, à ma juste place.
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